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This is what happens in Orangeville

Gilbert David

Toutefois, la meilleure part de la sélection canadienne-anglaise devait revenir à une obscure compagnie torontoise, le DNA Theatre, qui avec This is what happens in Orangeville a proposé un spectacle incisif et percutant par son traitement fragmenté du matériau textuel et par l’utilisation lancinante (et structurante) de deux leitmotive. Tiré d’un fait réel, l’argument du spectacle est simple: un adolescent de quatorze ans a tué deux enfants et un psychiatre, qui visite le jeune homme à douze reprises, cherche à comprendre ce qui s’est passé ; mais la folie n’est pas là où le savoir médical pense, car ce comportement dément est répercuté par Hillar Liitoja, le metteur en scène et concepteur dramaturgique, sur le microcosme d’Orangeville où des personnages programmés et compulsifs tissent un réseau parallèle et simultané d’aliénation collective. En matérialisant ainsi les mécanismes d’oppression à l’oeuvre dans la classe moyenne, le spectacle exploite la fissuration du dialogisme, et la polyphonie intégrale qui en résulte jette une lumière crue sur une collectivité devenue incapable d’aimer ses enfants et perdue dans son insignifiance ou son autoritarisme bien-pensant.

Parachute #48
Sept/oct/nov, 1987